Nos Jeudis

Chère Gwen,

Par Madame Gâ le jeudi 31 décembre 2009 dans Avenue de France

je passe de bonnes vacances sur les terres lointaines, ancestrales, mythiques et familiales, encombrées de mémoires et de bric-à-brac. Quand il devient fatigant d'y chasser les fantômes, désembuer les vitres et dépoussiérer les habitudes, quand le ciel est bas et que le passé se montre aussi impossible qu'un enfant mal élevé, je pars explorer de nouveaux horizons.
J'ai découvert une banquette avec vue imprenable sur les autres tables, sur les trottoirs qui longent l'angle de la rue, sur les passants, les lumières et la pluie. Il y existe des dames dont c'est le fief, venues poudrées, fardées et emmitouflées de fourrure, aux doigts secs, aux ongles vernis de bois de rose, à la peau tacheté de brun-roux ; elles y dégustent un thé, un café, une petite gourmandise, un spéculoos délicatement sorti du sachet, qu'elles cassent et croquent à petites bouchées. Elles sentent bon le parfum et la coiffure apprêtée - de la laque sans doute, appliquée en nuage généreux, une main préservant leur visage. Elles parlent avec gourmandise et soin, ont des intonations coquettement choisies, et se regardent avec intensité dans les yeux.
Je choisis celle que je serai, et je plisse les yeux pour plaquer mes traits sur les siens. Je me sens rassurée de les voir se retourner s'il y a trop de bruit, et plaquer en fronçant les sourcils leur doigt sur leurs lèvres quand des enfants bousculent les tables et crient dans les aigüs.
Je peux retourner alors à ma table, à ma conversation, à mon après-midi.
Je passe de bonnes vacances dans la chambre d'amis d'où, entre deux repas tardifs, je pars en excursion.

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Chère Ga,

Par gwen le jeudi 31 décembre 2009 dans Otsuka

je ne sais pas toi mais moi, à quelques heures de la fin d'une année, j'aime tenter d'en faire une rétrospective intime.
Recenser les moments de gloire, les jours heureux, les minutes poignantes, les recettes simples mais sublimes, les mots doux, les inspirations aussi évidentes que miraculeuses...
Compter sur les doigts d'une seule main les jours sans tofu, les jours sans lecture, les jours sans sortir, les jours sans photos.
Tirer une leçon des écueils et des doutes, des espoirs déçus, des attentes impatientes, des découragements et des failles.

Pour faire l'esquisse de l'année future, j'ai, en revanche, beaucoup moins de talent...
D'ailleurs, c'est bien simple, je remets ça à plus tard !
Car, pour inventer l'avenir, j'ai besoin de nos conversations, de nos spéculations, de ton regard clairvoyant et de ton formidable coup de crayon. A bientôt, chère Ga... Rendez-vous en 2010 !

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Chère Ga,

Par gwen le jeudi 24 décembre 2009 dans Otsuka


s'il y a bien une chose dont je suis totalement dépourvue, c'est la désinvolture.
Je sais précisément la dernière fois que j'ai sauté sur un lit sans arrière pensée, la dernière fois que j'y ai pris un plaisir pur et dénué de tout scrupule : avec Roselyne, on n'avait pas entendu Mamy arriver tellement on riait fort à chaque rebond. On riait et on criait "bedeleheu, bedeleheu", ce qui était notre manière de parler anglais.
Roselyne, comme à l'accoutumée, s'est fait plus engueuler que moi car, en raison de mon jeune âge, on ne me croyait pas capable de prendre l'initiative de la moindre bêtise, ce qui faisait de moi une éternelle suiveuse et n'était ni flatteur ni vrai.
Jamais plus je n'ai pu retrouver la légèreté de ce jour-là.
Depuis, sauter sur un lit signifie -comme nous l'avait dit Mamy- dégager une poussière qui annule les efforts ménagers des précédentes semaines.
Je me fais parfois l'effet d'être robotisée, d'avoir un scanner dans le cerveau qui me fait systématiquement remarquer la tasse posée trop près du bord de la table et menaçant de tomber, la lumière oubliée source de dépense énergétique inutile, la boîte de biscuits mal refermée promesse de goûters rassis, le livre jauni en moins d'un mois s'il n'est pas retiré du coin quotidiennement ensoleillé du salon...
Il m'arrive de décider de passer outre mais je ne suis pas dupe : ce sont des détails qui encombrent un espace de mon cerveau, quels que soient les efforts que je fournis pour ne pas les prendre en compte.
Cette manie de voir toujours les conséquences néfastes des situations me prive de leur éventuelle poésie. Qu'on me propose une balade dans un magnifique paysage enneigé, je pense surtout au cuir de mes chaussures qui en sera abîmé ainsi qu'à mes pieds qui seront trempés. L'évocation d'une bataille de boules dans la même neige me congèle d'avance les mains que je sais, ensuite, très longues à réchauffer.
De même, si on me montre une rivière dont les rives donnent envie de pique-niques nocturnes et estivaux, je sens à l'avance la chaleur suffocante, humide et gorgée d'insectes.
Je manque donc de désinvolture, de spontanéité, de capacité à l'improvisation...
Je regrette de ne pas savoir enfiler une jupe virevoltante sans me soucier de ce qu'il adviendra si j'ai trop chaud ou trop froid. De ne pas accepter une invitation chez les voisins sans me demander quelle attitude j'adopterai s'il n'y a que des chips et du Martini sur la table basse. De ne pas porter de chapeau pour la seule raison que je serai décoiffée en le retirant.
Pour un tête à tête en bord de plage, je prévois donc la crème anti-moustique, le foulard de diva, un photophore et des verres à pied.
Ni mon sac ni mon état d'esprit ne sont légers... Heureusement que romantisme et improvisation ne sont pas obligatoirement liés !

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Chère Gwen,

Par Madame Gâ le jeudi 24 décembre 2009 dans Rue Meyrueis

j'ai cousu toute la journée la robe rouge ; rouge de colère, elle m'a mise. Je l'ai terminée à temps - juste avant d'envoyer tout paître.
J'ai cherché mais c'était en vain, plus de bolduc de couleur adéquate ; ah ça, j'ai pensé à tout, sauf au nœud final.
J'ai taté son front une bonne dizaine de fois, feignant d'ignorer l'éloquence des ses yeux rougis, de sa peau tirée. Elle a pleuré, de mal au ventre, de chagrin, et d'ennui. On a taché tous, chacun son tour, de la faire sourire, un peu.
J'ai sauvé les plants de tomates après la nuit des premiers gels. Ils ont retrouvé leur pleine santé, se sont redressés, les feuilles se sont redéployées. Temps des bontés. Ils auraient au moins pu me gratifier de quelques boules rouges en retour.
Et puis dans la voiture, j'ai pensé aux longs trajets comme un sas de transition. J'ai senti la transformation, paysage après paysage, dans la longueur de l'après-midi.
A peu près la même à l'arrivée, pourtant.

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Chère Gwen,

Par Madame Gâ le mercredi 16 décembre 2009 dans Rue Meyrueis


il y a deux ou trois enfants blonds comme les blés qui traversent régulièrement la rue. Ils sont si beaux, si lumineux avec ce halo blanc sur la tête. Je les retrouve dans les épiceries aux heures de ventre creux, et parfois au parc ; j'ai remarqué hier leur mine un peu défaite et les premiers boutons d'acné. La demoiselle a souri et porte cette année un appareil. Ils sont jeunes, ils sont en train de grandir.

De mon côté, j'ai commencé de mettre de la crème sur mes pattes d'oie et ce mot me rappelle comme on en voulait des pattes d'oies dans la cour du lycée, par provocation ou conviction, je ne sais plus ; on disait que ça donnait de l'allure et que le vécu des femmes à pattes d'oie était émouvant. On pointait nos rides favorites comme si nous allions avoir le choix, et comme celle du lion ou le pli nasogénien n'obtenait aucun suffrage, on poétisait sur la patte d'oie. On disait aussi des choses comme : "Elle est bien foutue malgré son âge, malgré qu'elle ait eu plusieurs enfants", en observant les femmes, les mères d'élèves qu'on connaissait. On voulait leur place, je ne me souviens pas vraiment, mais ça devait être ça. On voulait surtout quitter le lycée, ne plus avoir d'emploi du temps, mais de l'allure, enfin. Nous qui étions à la croisée des chemins, on devait choisir et on ne savait pas faire.

Le froid nous a mordu aujourd'hui, et hier aussi. Et les gens pansent leurs plaies. Toute la ville a mué, la ville a sorti sa laine et ses expressions de circonstances. Tout est si différent avec un cache nez, des maladresses de mains gantées, des couvres chefs qui ne laissent dépasser que le regard. J'achète les cold cream en bidon familial, et on se crème ensemble, longuement. Et dans la rue, quand nous marchons sur le même trottoir, qui brûle pourtant en été, qui est pourtant vide en plein après midi, sans sentir nos paumes confinées sous la maille, on se réjouit de la chaleur de nos manteaux, de la douceur de nos peaux, et des changements de saison.

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Chère Ga,

Par gwen le samedi 12 décembre 2009 dans Otsuka


va savoir pourquoi, j'étais allée voir ce film (malgré l'effroyable traduction française de son titre) en pensant qu'il s'agissait d'un film indépendant... Alors qu'il est produit par Miramax...
L'héroïne avait les cheveux longs et blonds. Elle était jolie quoiqu'assez ordinaire et elle avait l'air d'être toujours un peu malade (j'ai une voisine blonde qui, sans ressembler à l'actrice, correspond à cette description... Est-ce le fait de certaines blondes d'avoir le nez rouge et humide comme si, même en plein été, elles étaient enrhumées ?).
Elle se faisait plaquer dès le début du film par son petit ami avec lequel, de toute façon, elle semblait mal assortie.
C'est ce que sa mère pensait : qu'ils étaient mal assortis, que sa fille méritait mieux et ne devait surtout pas rester célibataire. C'est pourquoi elle passait une petite annonce pour elle (et sans la prévenir).
Entre les rendez-vous auxquels elle finissait par se rendre (mais en ayant raison de ne rien en attendre), cette jeune femme travaillait dans un hôpital ou restait chez elle à regarder la pluie tomber derrière les grandes vitres de son appartement new yorkais en écoutant beaucoup de musique brésilienne (à la réflexion, si je me souviens aussi bien de ce film -plaisant mais mineur- c'est grâce à ça : la pluie qui tombe, vue de l'intérieur confortable de cet appartement au plafond haut et à la lumière douce. A coup sûr, ce plan ne dure que quelques secondes mais c'est celui qui m'a marquée le plus durablement et me permet de reconstituer le reste).
Elle se posait des questions, cette héroïne blonde. Des questions sur son avenir. A peu près les mêmes que tout le monde.
Et pour savoir quelle décision prendre, de quelle manière faire avancer sa vie, elle ouvrait de temps en temps le livre que son père, mort entre temps, avait écrit et lui avait dédié. Elle y lisait une phrase au hasard qui lui semblsait sans aucun rapport avec elle. Alors que nous spectateurs, nous constations que tout était écrit et qu'il aurait suffit qu'elle obéisse à ces injonctions pour s'apercevoir plus rapidement que l'homme qu'elle cherchait prenait le même train qu'elle, tous les matins.
Les jours d'incertitude, il m'arrive d'avoir envie de croire que, en effet, tout est écrit...
Mais encore faudrait-il savoir où !
Les murs de Tokyo sont peut-être couverts d'oracles indéchiffrables à mes yeux d'analphabète !
Et quand les messages de la ville me sont accessibles, ils ne m'aident pas à savoir où je vais...
Je me demande si, quelque part, il y a des spectateurs qui s'impatientent de mes itinéraires en zigzag...

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Chère Gwen,

Par Madame Gâ le jeudi 10 décembre 2009 dans Rue Meyrueis


il fait visiter son garage - il dit atelier - rempli avec délectation de bric à brac hétéroclite jusqu'au plafond, vaguement rangé pour l'occasion, non pas pour dégager le passage, mais pour souligner l'étendue des fenêtres qu'il ouvre quotidiennement : son univers est plus large que le nôtre, son sens de la beauté et de la poésie agrandit tout, son imagination n'a aucune limite. D'un bidon de lessive, il fait un tambour, et c'est vrai qu'on n'y aurait pas pensé, pas plus que de constituer cet orchestre entier fait de pots de yaourts, passoires et bouts de ficelles. Tout est musique, tout est spectacle, tout est création... Il a la voix rauque et son teint buriné, tanné, insinue combien il a vécu, les fêtes arrosées, les amours, la bonne franquette, la récupération de tout, des objets et des occasions, les voyages, la camionnette, la fois où, et celle-là, la mieux, la bohème, le culot et les révoltes des années d'avant ; les siennes et celles de ses prédécesseurs, ses maîtres à penser, ses inspirateurs dont il a repris un flambeau qu'on pensait déjà consumé. Il n'a pas l'air si vieux pourtant.
Ses cheveux sont mal taillés, son appartement est jaune, son chat sent le tabac. Tout date, le bois patiné et vermoulu, les écrous rouillés et les poignées de portes qui constituent les portraits alignés dans le couloir, ses anecdotes, les affiches aux murs ; il parle du monde, de ses expos, du monde de la balle, de ses décors et des projecteurs. Il joue les obsédés de l'inspiration, empoigne n'importe quoi pour démontrer son troisième œil, sa clairvoyance, son talent et sa candeur, en direct et sans préparation. Il est un peu fatigant.
Je l'ai déjà rencontré plein de fois, de près ou de loin, tout comme toi j'en suis sûre ; sois rassurée, je ne compte pas te le présenter.

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Chère Ga,

Par gwen le jeudi 10 décembre 2009 dans Otsuka


quel que soit le quartier dans lequel je me trouve, je remarque une recrudescence de sacs en kraft à la célèbre marque jaune à l'heure du déjeuner.
C'est pourquoi, sortant de la gare sans être sûre de la direction à suivre, j'ai fait confiance à l'homme en costume qui en avait un au bout du bras et semblait savoir où il allait.
Comme je m'en étais doutée, nous sommes arrivés à la rivière et je me suis assise sur le banc voisin et pareillement ensoleillé.
J'ai sorti mon livre et ma canette de thé chaud pendant qu'il retirait sa veste et déballait son sandwich rond.
De temps en temps, je le regardais, du coin de l'oeil.
Il a retroussé les manches de sa chemise et, après avoir tranquillement dégusté son repas, il a fumé une cigarette, a fermé les yeux en direction du soleil exactement comme le chat non loin de nous et, pour finir, il a lentement bu son gobelet de café.

Ils sont nombreux les enfants que je vois, installés sur un banc près de leurs parents, picorer des frites de la même provenance sans, pour autant, négliger de lever la tête vers les branches bruissantes d'oiseaux ou suspendre le geste de leur main vers leur bouche le temps de poser une question, l'air concentré.
Pas moins fréquentes sont les jeunes élégantes qui aspirent à la paille une gorgée de leur boisson gazeuse marron en hochant la tête, absorbées par leur conversation. Et font durer le plaisir de leur petit pain rond, en tamponnant leurs lèvres entre deux bouchées.
Oui, vraiment, ces sacs en kraft sont si souvent, ici, vidés sans précipitation ni gloutonnerie mais avec tant de savoir-vivre et dans un cadre approprié... que j'ai du mal, en les voyant, à faire le lien avec le pitoyable clown, les couleurs criardes des restaurants et les goûters d'anniversaire glauques et gras.

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Chère Ga,

Par gwen le jeudi 3 décembre 2009 dans Otsuka


nous avions quitté les autres et avions marché silencieusement en poussant nos vélos.
Puis, nous avions poussé la porte du minuscule bar au sous-sol. Il restait juste deux places libres au comptoir.
L'atmosphère était saturée autant de jazz que de tabac. Et, malgré ce que nous avions déjà bu, nous avions commandé des bières.
Puis, pour entendre ce qu'il disait mais aussi parce que, plutôt que de l'écouter encore parler, j'avais envie de l'embrasser, je m'étais penchée vers le garçon.

Il y a des baisers dont on sait à l'avance que la saveur ne sera qu'éphémère. Des bouches dont les dents, si elles mordent l'épaule, n'atteindront pas le coeur.
Et il arrive, d'ailleurs, qu'on ait envie de ça : une ivresse sans gueule de bois, un festin sans conséquence, des bras sans lendemain.



Au moment où nous avions réglé nos consommations, le patron nous avait tendu un croquis.
Mais, puisque je savais déjà que ce baiser dessiné ne serait pas la première archive d'une liaison heureuse et amoureuse, je n'avais pas hésité à laisser le garçon s'en emparer.
Plus tard, en voyant tous les sourires féminins épinglés comme des papillons sur le mur de sa chambre, je m'étais réjouie que, sur le dessin qu'il avait sans doute pris pour agrandir sa collection, on voyait surtout mon dos.

Malgré tout, j'avais trouvé très charmant de la part de l'homme du bar de nous avoir offert son coup de crayon. J'espère qu'il m'arrivera encore de recevoir un tel cadeau.
Maintenant que mes baisers sont sincères.

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Chère Gwen,

Par Madame Gâ le mercredi 2 décembre 2009 dans Rue Meyrueis


je voulais travailler et j'ai récuré l'évier- maintenant il est tellement blanc qu'on reste devant à l'admirer ; je voulais bouquiner et je me suis assoupie ; je voulais travailler et j'ai téléphoné, longuement, en passant des coups de pinceaux sur un travail en cours - mais en raccrochant, j'étais heureuse d'avoir fait ça, d'avoir fini ce dessin là dont je savais d'avance qu'il serait mauvais : désormais le champs était libre, j'allais pouvoir sérieusement battre le fer puisqu'il était chaud.

J'ai voulu me concentrer et j'ai oublié ; j'ai voulu finir la salade et ça m'a ballonnée ; j'ai voulu regarder et je me suis endormie. J'ai voulu être la première et j'étais la dernière - avec ce que ça comporte de déplaisant d'entrer dans une salle de bain embuée, pleine de serviettes en boule et de cheveux sans tête .

Un peu après, fort heureusement, tout est rentré dans l'ordre - qui de droit a dû s'en mêler sans doute, et prononcer une formule à l'envers en fixant la pleine lune. J'ai voulu travailler, et j'ai travaillé ; j'ai décidé d"emmener un carnet et je l'ai rempli ; j'ai voulu lire un peu et mon roman m'a bouleversée, j'ai décidé de sortir et j'étais si bien à marcher, à sentir le froid, les odeurs du dehors, leurs mains dans les miennes, de jouer à la duchesse qui balade ses prunelles assorties.

La formule magique ne se trouve pas sous le sabot d'un cheval ; et d'ailleurs, comme dirait une personne de mon entourage qui se reconnaitra avec orgueil et en gonflant les narines d'aise, que trouve-t-on finalement sous le sabot d'un cheval?
De mauvais coups sans doute, et des petits bouts de crottins coincés dans le fer. Ça ne vaut pas la peine de chercher.

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