la qualité n'a rien à voir. Il m'est arrivé autant de fois d'invoquer le sommeil pour avoir moins l'impression de perdre mon temps devant une mise en scène sans parti pris que de maudire mes yeux qui se fermaient bien malgré moi devant une interprétation passionnante.
En plus des trains et des voitures, les salles de théâtre et de cinéma sont des lieux qui favorisent une sorte de sommeil que je suis incapable de combattre. (Les salles de cours également mais ça, c'est une autre histoire...)
Je me méfie des souvenirs que je garde de certaines pièces, de certains films devant lesquels je sais m'être endormie. Car mes rêves se mêlent alors aux images et aux dialogues...
J'y suis retournée le lendemain quand, à la sortie d'une pièce d'Heiner Müller, nous étions enthousiastes mais que tous disaient que le texte nécessitait une concentration soutenue alors que je pensais qu'il était d'une limpidité absolue.
Je me suis ainsi aperçue que, le premier soir, j'avais dormi à partir du milieu de la pièce, la réinventant à la guise de mon inconscient qui s'en était saisie. Le lendemain, je n'ai cédé au sommeil que vers la fin que j'avais déjà vue la veille. Il m'a fallu deux soirs pour me rallier à l'avis général.
La séance de Nouvelle vague était tardive et la salle un peu trop chauffée. Il ne me reste donc plus beaucoup d'images en tête. Pratiquement aucune même, à part la blondeur de l'actrice et Alain Delon se noyant.
Malgré cela, je connais ce film de Godard par coeur. Car il existe en disque. Et je ne compte pas les fois où je l'ai écouté. Surtout en faisant le ménage.
La semaine dernière, je me suis dit qu'il serait temps que je le fasse, le grand ménage de printemps. Car si je tardais trop, l'humidité de la saison des pluies allait rendre la poussière poisseuse et mes gesticulations obligatoires très pénibles.
Parce que je manquais d'entrain malgré le bien fondé de mon raisonnement, je me suis dit qu'une bande son adaptée me mettrait dans l'ambiance. Et que, étant si familière du film, je pouvais utiliser mon dvd des Demoiselles de Rochefort à la manière d'un cd.

La saison des pluies a commencé et mon ménage de printemps n'est toujours pas fait : je n'ai pas pu résister aux images et, au lieu de faire la poussière, je suis restée devant l'écran à rêver de jupes plissées colorées et de chorégraphies simplistes avec mon amour pianiste.






