
j'avais failli renoncer à prendre une photo, parce qu'elle était justement bien inapte à montrer ce que c'était que ce moment là. (Il n'y a pas d'embruns sur la photo, pas d'odeur d'iode, pas de bruit de vagues ; pas de ce silence légèrement habité par les pas des passants, étrangements silencieux, et parfois gauches dans leur tenue de ville, qui marchent en longue procession face au soleil.) On croit dans ce moment-là pouvoir rester toute la vie à regarder les mouettes, et c'est nul, parce que dès qu'on le dit, dès qu'on appuie sur le déclencheur, tout disparaît. Il ne reste que le ridicule d'une telle affirmation, du bleu partout et un beau contre jour. On a de petites amnésies : passer sa vie à regarder les mouettes??! On songe qu'une bâtisse ici serait le paradis ; et puis on se sent devenir bipolaires avec de telles idées. On ne saurait passer même une semaine face à la mer, coincés entre Palavas et La Grande Motte. On ramasse des coquillages, des cailloux, on se perd dans la contemplation des grains de sable ; on recueille avec émotion une algue rèche. Et sitôt rentrés, on se demande ce qu'on va pouvoir bien faire de ce fatras.
Je me demande si nous pourrions nous envisager ainsi, tous les jours, face aux vagues. Et si le bruit ne nous rendrait pas légèrement fous et obsédés par les fruits de mer. Si ça ne nous pousserait pas, à force, à prendre le large. Pour de bon. Pour n'importe où. A jamais.
Aujourd'hui, nous n'irons pas à la plage. Nous resterons sur la pente de douce folie qui fait prendre des fous rires à nos filles. Quand petite et grande ours se bidonnent, plus un son ne s'échappe de leur gorge et elles restent là, en apnée, saisies du délice des spasmes. Quand elles reprennent leur souffle, elles réclament : "encore!". Et nous nous triturons les méninges - oh, pas longtemps-, pour trouver encore, plus fort, plus haut, qui leur fera se tordre à nouveau. Nous ricanerons sûrement ainsi toute la journée, entre deux plats, en gratouillant des scotch et des papiers bien ficellés.
Et pourtant, après, sur les photos, on aura l'air de rien.
Chère Gwen,
Par Madame Gâ le jeudi 25 décembre 2008 dans Avenue de France
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Chère Ga,
Par gwen le jeudi 25 décembre 2008 dans Otsuka
je ne peux pas m'empêcher de l'imaginer planqué derrière un arbre, prêt à bondir en criant "je vous l'avais bien dit !" dès qu'il nous faut finir par admettre que, effectivement, tout vient à point à qui sait attendre, que patience et longueur de temps font mieux que force et rage, ou qu'un tient vaut mieux que deux tu l'auras...
Mais enfin, si j'affirme qu'il est aussi improbable que je me trouve, un jour, dans un couloir de la mort que sur une île déserte, La Fontaine pourrait raisonnablement rester derrière son arbre et ravaler son incontournable mais néanmoins énervant : "il ne faut jamais dire fontaine..."
Ce peu de probabilité ne m'empêche pas, cependant, de me poser parfois les questions qui vont de paire avec ces deux endroits.
Et il faut dire que, depuis que le steak tartare, les shortbreads et le fromage blanc ne me font plus saliver, je n'avais pas encore trouvé ce que je pouvais commander en guise de "dernier repas du condamné".
Depuis mardi soir, je sais que j'aimerais tapisser mon palais de la saveur d'une soupe aux lentilles et aux épinards mêlée à celle d'un vin de Bourgogne s'il me fallait m'asseoir sur une chaise électrique le lendemain.
Ce goût-là contiendrait également les lumières qui rendent douce la nuit de l'hiver, le joyeux désordre dû à l'imminence de Noël, les derniers découpages jonchant le sol mais aussi : les conversations sans fin qui ne s'interrompent que pour le sommeil, la certitude de se retrouver deux jours après et le regard timide du petit renne...

Pour bien faire, il faudrait que je bénéficie d'une grâce présidentielle inopinée qui me permette d'honorer mon rendez-vous de ce matin, à l'heure des papiers d'emballage froissés et des yeux pétillants. A l'heure du pain Kaiser et du gâteau de la reine.
D'ailleurs, je vais te laisser : je ne voudrais pas être en retard. La chaise électrique peut attendre.
Avant de filer, cependant, je t'embrasse fort et te souhaite un très beau Noël.
Gwen.
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Chère Ga,
Par gwen le jeudi 18 décembre 2008 dans Otsuka
ça commençait deux mois avant et, franchement, je ne vois pas comment on aurait réussi à les éviter, ces questions de circonstances.
Et pourtant, le sempiternel "qu'est-ce que vous faites pour Noël ?" réveillait parfois tellement de douleur -car, dix ans, quinze ans après la mort de son enfant, il était toujours aussi peu question de fêter quoi que ce soit- qu'on aurait aimé disparaître sur le champ, qu'une trappe s'ouvre sous nos pieds et nous escamote.
Mais comment aurait-on pu deviner, hein ?
Et comment aurait-on pu parler d'autre chose alors que toutes les revues, sur la table, détaillaient les menus de réveillon, les tenues indispensables, voire même le régime à suivre quinze jours avant pour pouvoir se resservir de la bûche au beurre sans défaillir ?
Souvent, cependant, c'était moins dramatique : rien que de très banales incapacités à l'ubiquité qui provoquaient un écartèlement toujours frustrant et culpabilisant.
A cette question, je répondais autant de fois que je la posais au cours de la journée.
Et quand je disais : "rien", je voyais bien ce que leurs paroles de regret avaient d'hypocrite.
Je voyais parfaitement leurs regards teintés d'envie qui démentaient la sincérité de leurs paroles consolantes.
Mais qu'imaginaient-ils ?
Notre bonne humeur constante, nos soins à leur égard jusqu'au tout dernier moment, nos piétinements incessants...
A 22H30, nous ne rêvions que de nous coucher et de ne plus entendre parler de volailles ou de marrons, de bûches glacées ou de chocolats.
A présent, j'habite à 10000 km de la moindre dinde farcie. Et, ici, la manie consumériste estampillée Noël ne diffère en rien de ce qui me semble, de toute façon, très habituellement excessif.
Comme je fréquente très peu les magasins, j'évite ainsi les ritournelles de saison et je suis décidément très épargnée par l'événementiel de fin d'année.
A tel point que, l'autre jour, j'ai débouché sur la terrasse de Shinjuku, à la fin de cette magnifique journée où, après avoir suivi la trajectoire du soleil, je surveillais celle de la lune. J'avais les yeux dans le ciel et, une fois de plus, le coeur gonflé du bonheur de me trouver là, dans la beauté de cette heure sensible.
Quand, soudain, redescendant sur terre, j'ai vu toutes les lumières, je me suis aperçue que, dans la nuit, elles dessinaient des rennes, des traîneaux, des sapins... Et je me suis souvenue que -ah oui !- c'était bientôt Noël !

ça m'a rappelé les Champs Elysées illuminés mais aussi ces vitrines dont on vante tellement la magie que, quand on les voit, elles sont presque décevantes.
Ces mêmes vitrines avaient tout de même réussi à m'épater, un jour.
Roselyne, à cette époque-là, soignait l'identité visuelle du magasin et parce que son regard était clair et naturel, sans maquillage, il avait été choisi.
C'était donc ses yeux, version gigantesque, qui étaient en arrière plan des mannequins arborant les tendances de la nouvelle saison.
Tu m'imagines, moi, passant et repassant sur le boulevard, devant les vitrines des Galeries Lafayette et pouvant dire : "c'est MA soeur !"
Loin du kitsch et du factice de Noël, ça c'était de l'émerveillement authentique. Une vraie magie mais hors saison.
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Chère Gwen,
Par Madame Gâ le jeudi 18 décembre 2008 dans Rue Meyrueis

j'ai tant travaillé hier, j'ai tant gratté de papier, que je me suis retrouvée le soir venu avec un ridicule mais bien présent mal de pouce. Je l'ai observé, mon pouce, et il n'était pas rouge, ni boursoufflé, il ne portait pas trace de rougeurs, de cloques ou de début d'ampoule. Faut pas exagérer. Il était un peu plat, un peu sec, et j'ai juste remarqué un petit rond de peau prête à déguerpir, à l'endroit où se place le crayon.
J'ai tant travaillé hier que quand je me suis arrêtée pour déjeuner, il n'était plus l'heure depuis longtemps, et d'ailleurs je n'avais pas vraiment faim. Seulement un début de trou dans l'estomac, un début de petite hypoglycémie dans la tête. Je ne savais pas de quoi déjeuner, justement, et c'est bien une des pires choses qui soit, quand on doit déjeuner.
J'ai tant travaillé hier que je suis parvenue à détricoter minutieusement mes maigres acquis, ce que je savais encore ajuster le matin même ; que je me suis retrouvée avec du vide dans les mains, une nuque en bois, et le lobe frontal asséché. J'ai dû faire ce triste constat vers les 18h : inutile d'insister.
J'ai tant travaillé, que je me suis demandée, hier soir au coucher, si il n'était pas temps de songer à entrer au service de la municipalité, dans la branche voirie.
Et puis je me suis fait cette remarque, avant de fermer les yeux, que je n'avais jamais vu de femme en combinaison sur les terre-pleins fleuris, chevauchant une mini-tondeuse.
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Chère Ga,
Par gwen le jeudi 11 décembre 2008 dans Otsuka
au café Muji, en attendant que mon thé oolong refroidisse, je regarde les gens manger.
Elle, en particulier, qui se frotte longuement les mains dans la lingette humide avant de toucher à son repas.
Et, un peu comme les gens qui emmêlent leurs doigts de manière compliquée autour de leur stylo, elle tient ses baguettes d'une façon inédite qui, si je n'avais pas aperçu son visage avant que ses cheveux longs me le dissimulent, aurait pu me faire croire qu'elle est étrangère.
Lui, à côté de moi, costume impeccablement coupé, je remarque tout le soin qu'il met à le préserver : ses jambes qu'il maintient légèrement tendues sous la table pour ne pas déformer le tissu aux genoux, la veste déposée précautionneusement sur le dossier de la chaise qui lui fait face.
Comme le font souvent les hommes -mais je l'observe également de la part de beaucoup de femmes- il avale son riz en à peine quelques impressionnantes bouchées. Pour manger le reste, au contraire, il prend son temps. De sa main libre, il tient un livre dont la jaquette en cuir marron a l'air aussi bien entretenue que ses chaussures.
Son départ me permet de voir les deux amies arrivées plus tard, assises face à face, le dos très droit. Elles picorent, elles, entre deux exclamations contenues, deux rires polis. Et leur main masque leur bouche au moment où leurs baguettes chargées de salade l'atteignent.
Quant à elle, elle a utilisé son téléphone pour photographier le contenu de son plateau avant de commencer à manger, s'y prenant à plusieurs reprises afin que tout soit bien organisé dans le cadre. J'aimerais tant savoir ce qu'elle fait, ensuite, de ses photos.

Au café Muji, plats et boissons sont servis dans la vaisselle du magasin et la sobriété des bols s'accorde parfaitement avec la simplicité du riz blanc.
Mais, à part pour son aspect esthétique, j'ai du mal à saisir la nécessité dudit bol quand l'assiette contient déjà des spaghettis et de la purée.
Je ne peux pas comprendre.
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Chère Gwen,
Par Madame Gâ le jeudi 11 décembre 2008 dans Rue Meyrueis

Ma maman à moi - T. Lenain, J. Rosa - Ed. Nathan
je ne me souvenais pas d'avoir jamais eu si froid.
Mais au début, ça a été.
Nous avons fait les malins, dehors quand le jour déclinait, les banderolles à la main. Nous avons scandé, marché, piétiné, couru, nous nous sommes assis, relevés, avons fait le tour de la place, descendu puis remonté la rue, crié et hué. Et puis ça commencé de retomber ; le froid, humide, le vent, en rafale, l'enthousiasme des enfants, la fatigue. Les orteils au chaud, au début : de la chaussette et du collant ; des moon boots même. Des bonnets, des gants, des doubles cols, de la laine polaire, de l'étanche et du triple renfort. On a commencé à penser chaud, lait chaud, café chaud, n'importe quoi, mais chaud ; à lorgner les cafés, les brioches chaudes, les terrasses aux pylônes rougeoyants. Mais ça allait encore. Il y avait la foule et l'unisson, il y avait moins d'orteils au fond des bottes, mais la foule criait encore, et ça réchauffait un peu. On a commencé à fumer - plus jamais comme ça, je m'étais dit : "jamais en marchant, jamais dans une foule, jamais avec les enfants ; ma cigarette quotidienne sera cool, et Sonny Rollins, et drink, et piano bar, et soirée de clair de lune" ; mais un briquet dans la main, de la braise sous le nez, j'avais l'illusion de me réchauffer.
Et puis on a pris le chemin du retour, après le pipi dans les toilettes chauffées du bar, - en ressortir : une douleur-, en consolant les minois qui ne veulent plus jouer dehors et pleurent de coupe pleine.
A la maison c'est Roche d'Or : d'un seul coup du calme, et du chaud.
C'est à ce moment là que j'ai eu froid ; transie, les os qui font mal, les membres amputés, les forces envolées. Je rêvais de robes à crinolines en polaire, me demandant si les dames qui ne connaissaient pas le chauffage central avaient jamais eu froid comme ça. Si c'est pour contrer le froid qu'elles portaient leur petits chiens sur leur coeur. Si elles étaient plus résistantes que moi, sous leurs dentelles.
Rassure toi : évidemment, il y a eu des remèdes, et des attentions.
Et tout s'est envolé dans des vapeurs d'Umeshu, chaud.
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Chère Ga,
Par gwen le jeudi 4 décembre 2008 dans Otsuka
d'un moment vécu communément, il est toujours intéressant de confronter les mémoires.
Ce qu'il nous en reste est bien souvent différent car la sensibilité de chacun ne capte pas les mêmes aspérités d'une scène. Et ce qui est détail pour les uns peut être capital pour les autres.
Moi, par exemple, c'est souvent les conversations et les coiffures dont je me rappelle.
De ce jour-là, j'ai aimé apprendre qu'elle se souvient aussi. Mais ce qu'elle m'en a rapporté m'a stupéfaite.
De ce jour-là, j'aurais dit la susceptibilité du petit chien -comment peut-on se permettre d'être susceptible quand on est caniche et que, par définition, on attire les railleries ?!
De ce jour-là, j'aurais dit la lumineuse bien que brève apparition de sa jeune soeur -qui m'a marquée au point que je la reconnaisse, une décennie plus tard, encadrée par ses parents dans les jardins du musée des Beaux-Arts de Tours, regrettant qu'elle n'ait plus cette coupe mi-longue-mi-courte qui lui allait si bien (mais regrettant bien sûr à tort : Chantal Goya ou Mireille Mathieu suffisent à prouver que garder à vie la coiffure de ses quinze ans n'est pas une riche idée).
De ce jour-là, j'aurais dit la maison, bien plus vaste que celle de mes parents -la cuisine notamment, sous la table de laquelle le chien était allé bouder.
De ce jour-là et de bien d'autres, j'aurais dit sa silhouette blonde et longiligne et la manière d'assortir sa longue jupe en jersey bleu avec ses chaussures en cuir brun à lacets qui n'a jamais cessé de m'inspirer -mais aussi ses rires brefs aussi soudains et inattendus qu'une douche froide.
De ce jour-là, j'aurais dit ce qu'elle nous avait appris de cette soeur aînée dont la vie pas encore si longue ressemblait déjà tant à un roman -mais il y a des histoires, dans les romans, qu'on est content de lire seulement et de ne pas avoir à vivre.
J'aurais pu dire tout cela de ce déjeuner mais ce n'est pas de cela dont son mail m'a parlé.
C'est une drôle d'impression d'apprendre que le fait dont elle se souvient, elle, depuis tant de temps, a complètement déserté ma mémoire.

"A propos de saucisses herta, tu sais que c'est toi qui m'as appris à les cuire correctement un jour où toi et Nadine êtes venues déjeuner à la maison ? Ma mère, piètre cuisinière, les faisait cuire à l'huile (beurk) et tu m'as dit de les chauffer dans l'eau, ce que je fais toujours en pensant à ta tête ce jour-là."
chère Ga, je suis sûre que, autant que moi, tu trouveras ça très déconcertant que quelqu'un dans le monde pense à moi en mangeant des saucisses !!!
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Chère Gwen,
Par Madame Gâ le jeudi 4 décembre 2008 dans Rue Meyrueis

j'ai eu des misères, tu sais, des galères de valise et de sac un peu lourd. J'ai transpiré dans mon pull parce que j'ai dû courir, j'étais en retard ; avec ma valise, lourde, à bout de bras dans les escaliers du métro.
Et après j'étais un peu lasse de piétiner, quand je cessai de courir, quand je déambulai dans les allées du rez-de-chaussée, du premier, du sous sol.
Et puis hier, j'ai eu beau courir, courir en soufflant, en repoussant l'anse du sac pour qu'elle ne tombe pas de mon épaule, en tirant cette satanée valise qui ne montait pas les marches toute seule, j'ai eu beau m'essouffler à en avoir mal au ventre, je ne suis pas arrivée avant que le train ne quitte le quai, sans moi, pantelante.
Mes yeux se sont durcis et sont devenus tous noirs, et rouges, tu sais, je les ai senti s'enflammer, j'ai senti mes boyaux se tordre, faire des noeuds. Je suis devenue affreuse et repoussante, dégageant de mauvaises ondes : le journal des SDF à la main, il a tourné les talons à ma hauteur.
Alors je me suis assise, et j'ai attendu sans rien faire, sans lire ou dessiner, sans bouger aucun muscle. J'étais sur le banc et j'ai attendu que la colère me traverse et en finisse avec mes boyaux, mon estomac, mon front. J'ai arrêté de regarder la pendule, les pigeons, le panneau des horaires, les voyageurs qui débarquent, ceux qui embarquent, mon sac plein, mon billet, mon téléphone. Je n'ai plus bougé un muscle et c'était bien car c'est une chose que je sais parfaitement faire.
Quand je suis revenue à moi, dans le hall de la gare de Lyon, je me suis réjouie alors à nouveau de mon retour imminent, de retrouver mon amoureux sans qui je ne sais vivre bien, et les quatre petites mains moites autour de mon cou, je me suis réjouie de ma disponibilité des dernières 144 heures, des ballades, des conversations avec Lo et Ber, Cha, E et B, Maud et Luis, Marion et Yvan ; des professionnels que j'ai convaincus et avec qui je vais entamer une correspondance.
J'ai su me réjouir enfin, des trois heures de train qui m'attendaient au bout du déjeuner, pour lire et dessiner, écouter Françoise raconter sa vie, et peut être somnoler en regardant les champs par la vitre.
