Je dois avoir la tête déjà singulièrement vide car jamais je ne suis tentée d'utiliser l'expression : "ça me vide la tête" et, surtout, je ne suis jamais tentée de pratiquer les activités à propos desquelles je l'entends prononcer.
Par exemple : une partie de squash, des heures passées devant une télévision, la lecture des romans de Mary Higgins Clark, écouter les émissions de Laurent Ruquier ou de Stéphane Bern à la radio ...
Ce jour-là, Anne Herbauts avait tenté d'expliquer le processus de sa création.
Il se formait dans sa tête, nous avait-elle dit, des pelotes dont il lui suffisait de saisir une extrémité, un jour, afin d'aboutir à la réalisation d'un album.
Elle avait toutefois précisé qu'il fallait que ce soit le bon moment pour dérouler le fil car, sinon, il n'en résultait rien, l'ouvrage était à défaire entièrement.
J'étais rentrée chez moi, moins décidée que jamais à me vider la tête mais, bien au contraire, avec l'envie d'y sentir des bobines se former. Je les imaginais très bien : faites de ce coton couleur lin ou ardoise qui m'a souvent donné envie de me remettre au tricot.

Mes jeudis prennent forme, parfois, avec autant de spontanéité que des bulles de savon.
D'autres fois, il me faut plus longuement tourner autour...
Certains jours, ils me rappellent les pelotes d'Anne Herbauts : j'en saisis un fil et je tire dessus en tâchant d'oublier que, quand je tricotais, j'étais systématiquement obligée de défaire le pull après en avoir atteint les 2/3 pour cause d'erreur de calcul dans les mesures...






