
Je comptais bien cette semaine continuer la visite et te montrer le salon ; blanc, fermé d'une large baie, prolongé d'un balcon.
Seulement voilà, il n'est pas en état...
J'aurais préféré dire "voici mon bureau d'où je tapote mon clavier et gribouille mes carnets, tu vois il est beau et net, ca donne envie de s'y asseoir".
Mais il est garni de petit bazar : petite boite, petits carnets, petits post it, petits tas que je repousse mollement quand je m'asseois. Petits car je reste vigilante ; "ne pas se faire déborder", j'ai décidé. Tabula rasa, jetons tout, vivons dans rien. Sauf qu'il n'y a que moi que ça enthousiasme.
Alors donc voici une pièce pas mauvaise, elle y met du sien ; elle est grande et claire, avec juste ce qu'il faut de décroché dans les murs pour avoir du charme. Mais quelle ambiance ! Au milieu du mur de droite, une grande commode façon aîeule, bois foncé et plateau de marbre. Dessus, la mini chaine (installée hier pour cause d'ordi muet). A côté de la baie vitrée, mon bureau donc - des fils partout, des doubles prises. Et autour, le marasme, des coussins, des jouets qui trainent, un sèche linge en plastique blanc, des cartons éventrés ni à vider (qui ne contiennent rien de bien intéressant : dessins, bougeoirs, photophores, coupelles et autres babioles, cadres et photos qui ne sont plus d'actualités - pas assez vieilles non plus pour provoquer un regain d'intérêt à leur endroit), ni à jeter.
J'aurais aimé te montrer nos jolies plantes vertes qui égaient le tout et dansent au soleil, mais elles font la tête et la fougère commence à flétrir.
Le vent éparpille les mégots du cendrier et soulève le brise-vue du balcon.
Non, décidément rien n'est en ordre, et d'ailleurs j'ai bien besoin d'une coupe de cheveux.





