n'ayant pas été élevée à la baguette, l'attachement national des Japonais pour le riz blanc m'amuse en même temps qu'il m'attendrit.
Traduire "onigiri" par "boulette de riz" me semble toujours impropre tant le terme "boulette" ne restitue ni la forme triangulaire impeccable ni la blancheur immaculée qui contraste élégamment avec l'algue nori noire.
Quelle que soit l'heure, quel que soit le lieu... Je ne passe pas une journée sans voir quelqu'un en déballer et les avaler en quatre bouchées machinales et pressées ou les savourer longuement avec concentration.
Au thon et à la mayonnaise au rayon frais du combini.
Nature et à agrémenter de petites garnitures variées au salon de thé.
Encore chauds et fourrés à la prune salée chez le marchand de riz.
Faits maison et contenant un peu de saumon...
Les onigiris me sont devenus tellement familiers, tellement emblématiques, que, lorsque je vois les Japonais en manger, c'est un peu comme si je les voyais mordre dans le drapeau de leur pays !
J'ai tendance à oublier qu'en France, la vie n'est pas si nomade, qu'on croise rarement dans sa journée une herbe verte qui donne envie de s'y étendre et que les heures des repas sont plus fixes.
Il n'est donc pas étonnant que rien ne me vienne à l'esprit quand je cherche dans notre culture, un équivalent à ces en-cas si pratiques et si répandus.
En tout cas, je ne vois rien d'aussi élégant.

