
je me souviens parfaitement bien du printemps 2007 que nous avons passé ensemble, à Tokyo. Nous savions que quelques mois plus tard, nous serions séparées et même si, à l'époque des fleurs, tu étais encore bien là, dans la grande ville, nous avons commencé à penser au futur.
Je me souviens parfaitement bien de notre idée d'écrire un blog à deux et du soir où nous avons convenu du titre, des modalités de notre correspondance et du jour de publication. Tout nous est venu, au détour d'une de nos conversations, tout nous est venu, si naturellement. Et il aurait été absurde d'attendre ton départ en septembre pour créer notre adresse : nous étions tellement impatientes !
Depuis plus de trois ans, quoi qu'il nous soit arrivé, nous avons posté nos courriers publics dans cette boîte ouverte, nous offrant chaque semaine, la surprise mutuelle de nos mots, nos images...
Mardi soir, il s'est passé la même chose.
Parce qu'on a évoqué le début de notre lassitude commune de ce rendez-vous devenu un peu trop routinier, il a suffit de parler pour que les idées nous arrivent, en rafale, et que la même impatience qu'il y a trois ans naisse.
J'ai vraiment beaucoup aimé t'écrire ici toutes les semaines mais j'ai hâte, déjà hâte, d'être jeudi prochain pour voir de quelle manière tu sauras m'étonner.
J'ai hâte d'être jeudi prochain pour ouvrir la porte de notre nouvelle adresse.
Je t'embrasse,
Gwen.
Chère Ga,
Par gwen le jeudi 6 mai 2010 dans Rue linière
3 commentaires
Chère Gwen,
Par Madame Gâ le jeudi 6 mai 2010 dans Rue Meyrueis
bien sur, j'ai fini par me sentir coupable ; ne pas monter dans l'avion sans pour autant pouvoir blâmer une catastrophe naturelle était déjà beaucoup, après tant de plans sur la comète. Constater mon absence partout, sans pour autant savoir l'enrayer ne m'empêchait pas de penser que si j'avais eu le loisir de rejouer la scène plusieurs fois, je l'aurais toujours jouée ainsi. Le train a déraillé, a pris une direction inattendue et j'étais dedans. Mais c'est avec le retour des oiseaux migrateurs, quand j'étais ailleurs, sans mots et sans idées pour rebondir et me réjouir du printemps, quand j'ai manqué à nos rendez-vous, doublement, que c'est devenu trop redondant.
Je me sens toujours un peu bancale. Et impuissante et maladroite.
Mais tu es toujours là, et moi aussi. Aucune lettre ne sera jamais assez longue, ni aucune journée assez dense pour venir à bout de tout ce qu'on voudrait partager, pour estimer ne plus avoir le temps ou l'énergie, et devenir muettes. Nous sommes là, nous serons là. Nos lettres aussi. Et nous reviendrons, autrement...
