Nos Jeudis

Chère Ga,

Par gwen le jeudi 2 juillet 2009 dans Otsuka


n'ayant pas été élevée à la baguette, l'attachement national des Japonais pour le riz blanc m'amuse en même temps qu'il m'attendrit.

Traduire "onigiri" par "boulette de riz" me semble toujours impropre tant le terme "boulette" ne restitue ni la forme triangulaire impeccable ni la blancheur immaculée qui contraste élégamment avec l'algue nori noire.

Quelle que soit l'heure, quel que soit le lieu... Je ne passe pas une journée sans voir quelqu'un en déballer et les avaler en quatre bouchées machinales et pressées ou les savourer longuement avec concentration.

Au thon et à la mayonnaise au rayon frais du combini.
Nature et à agrémenter de petites garnitures variées au salon de thé.
Encore chauds et fourrés à la prune salée chez le marchand de riz.
Faits maison et contenant un peu de saumon...

Les onigiris me sont devenus tellement familiers, tellement emblématiques, que, lorsque je vois les Japonais en manger, c'est un peu comme si je les voyais mordre dans le drapeau de leur pays !

J'ai tendance à oublier qu'en France, la vie n'est pas si nomade, qu'on croise rarement dans sa journée une herbe verte qui donne envie de s'y étendre et que les heures des repas sont plus fixes.

Il n'est donc pas étonnant que rien ne me vienne à l'esprit quand je cherche dans notre culture, un équivalent à ces en-cas si pratiques et si répandus.

En tout cas, je ne vois rien d'aussi élégant.

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Chère Gwen,

Par Madame Gâ le jeudi 2 juillet 2009 dans Rue Meyrueis


les première fois, quand on voyait la bande bleue briller à l'horizon, après des heures pénibles en voiture, le mal de coeur et la chaleur, trop serrées, l'ennui qui nous avait rejoint au dixième kilomètre, quand il y avait des doigts pointés dans le virage "Là-bas ! Regarde, tu la vois ?", quand on sentait déjà l'iode, ça nous mettait dans un état de surexcitation et de ravissement incroyable. On n'avait jamais rien vu, et un horizon marin, encore moins. On ne pensait alors plus qu'à ça, s'y jeter. Avec ou sans maillot, même s'il fallait marcher d'abord trop longtemps sur le sable brûlant, même s'il fallait calmer nos ardeurs, "attends, attends, on va d'abord décharger la voiture", on y croyait à cette arrivée de chiens fous, on se disait que sitôt le moteur arrêté, on allait se jeter dans les vagues et que rien ni personne ne pourrait nous en empêcher. Parce qu'on n'imaginait de toutes façons pas s'arrêter ailleurs que sur le front de mer. Nous étions là pour ça. Nous étions si petites alors, il n'y avait pas de raisonnabilité et d'attente qui vaille. On nous l'avait promis, et maintenant elle était là. Ce moment là était sans doute le meilleur de toutes les vacances, tellement il était chargé de promesses.
Parfois personne ne se baigne. Nous sommes sur la plage et il n'y a aucune précipitation à enfiler les maillots, ni à se jeter à l'eau. Ou alors juste les pieds. Il y a toujours mieux à faire, s'allonger, faire des boulettes de sable, ouvrir un livre, sortir des jouets. On ne lui jette pas de regard d'envie, et même souvent on chipote. Trop de vent, pas assez de vagues, trop de sel. Comme si on ne regardait pas au bon endroit.
Il faut croire que cela se mérite.

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