Nos Jeudis

Chère Ga,

Par gwen le jeudi 4 septembre 2008 dans Otsuka


plus tard, devenue adulte, j'ai vu des gens organiser des soirées et ouvrir leurs cadeaux avec le plus grand naturel. Et je les ai reconnus, ceux qui, dès l'enfance, y avaient été entraînés.
Est-ce à cause de sa très grande proximité avec la rentrée ou parce que, déjà, je n'étais pas très sociable ? Rares ont été les fêtes qui célébraient mon anniversaire.
Alors, on pourrait penser que je m'y suis habituée, à la banalité de ce jour-là, ni plus tout à fait estival mais loin encore de l'automne.
Au lieu de cela, surgis de je ne sais pas où, n'ont cessé de grandir les rêves de banderoles dans la rue, d'affiches 3m sur 4 en mon honneur, d'une foule d'amis émergeant dans le salon en scandant mon nom, de paquets enrubannés enveloppés dans des papiers précieux...
(Roselyne et Sammy le savaient qui, pour mes 22 ans étaient descendus du train accompagnés du lapin blanc d'Alice et qui, l'été de mes 25 ans, avaient fait venir H. et D. de Bretagne autour de la table familiale et masquée...)
Chère Ga, demain, ça fera 38 ans que je supporte mes paradoxes et tâche de m'en accommoder à défaut de savoir les soigner.
En ce qui concerne mes rêves d'anniversaire, je deviens de plus en plus raisonnable mais je me méfie encore de moi-même.
Aussi, plutôt que d'être tentée de passer la journée à guetter les éventuels mails, les improbables coups de téléphone ou l'équivoque mobylette du facteur... Et malgré les risques de pluie annoncés par la météo, je crois que je vais aller voir la mer.
Bon, bien sûr, tu t'en doutes, je ne partirai pas sans mon sac lesté d'un ou deux livres, de mes carnets et de mon appareil photo mais aussi de mon téléphone. Aussi, si dans la journée de demain, tu penses à moi et que tu envoies un mail à mon adresse portative (x7dedb24f9v2s4@t.vodafone.ne.jp), cela ne manquera pas de me faire un immense plaisir !!!

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Chère Gwen,

Par Madame Gâ le jeudi 4 septembre 2008 dans Rue Meyrueis


la lassitude me prend. La pluie a cessé rapidement et le bruit des voitures qui roulent dans les flaques, alors qu'on continue de transpirer fenêtres ouvertes, fait du bien aux oreilles.
Le lave vaisselle ronronne, les fillettes roupillent dans une chambre envahie d'une armée de playmobiles - il ne fait pas bon marcher nus pieds par ici-, les affiches tombent du mur malgré les punaises.
Je ne serai bonne à rien ce soir, malgré mes projets alignés en colonnes par priorité dans mon carnet de tous les jours. Tout juste aller au lit, terminer le roman, ou les pages "spécial sexe" d'un vieux Elle - les seules pas encore lues.
Boui, la lassitude m'a cueillie, mon corps est endormi. Mais mon cerveau tourne encore et fait l'arbitre. Alain de Botton l'avait dit, et il avait fort raison, les vacances ne sont jamais vraiment des vacances si l'on emporte son quotidien, à savoir soi-même. C'est valable pour tous les jours, même ceux qui ne sont pas des vacances. Il faudrait pouvoir déconnecter de temps en temps de soi-même : va voir là-bas si j'y suis, lâ-che-moi !
Ce week end, Maud, Erika et moi avons ri de nos travers de filles qui aiment bouder et se retrouver pour boire de l'eau chaude avec des feuilles dedans. Et chose étrange, on a peu parlé coupes de cheveux. Mais comme à chaque fois, le temps était bien court.
J'aimerais enfiler des bottes en caoutchouc, marcher dans la chaude nuit pour retrouver des frangines, des copines autour d'une eau chaude, à 10 mn d'ici, pour comparer nos lassitudes, et rigoler de nos contradictions. On aurait le temps, on ne se quitterait que lorsqu'on en aurait fini avec tous les sujets de conversation.
C'est sûr, c'est ça qui serait bien.

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